Tour d’horizon des actualités en assurance

GALEA & Associés a collaboré avec HEXAGONE Conseil pour la réalisation d’un tour d’horizon économique et réglementaire du secteur de l’assurance. Sous forme d’un webinaire ayant réuni près de 50 participants, les intervenants ont procédé à un décryptage de l’actualité d’un large panel de thématiques et des défis posés par le contexte de la crise sanitaire et économique. Ainsi, l’enjeu de maîtrise du risque climatique, l’assurance de personnes, l’assurance IARD, la retraite, la nouvelle norme IFRS 17 et l’actuelle revue de la directive solvabilité 2 sont toutes autant de thématiques qui ont été abordées.

GALEA & Associés vous propose une synthèse de ce tour d’actualité.

Le risque climatique 

Lancé cet été par l’ACPR, l’exercice pilote sur le risque climatique vise à l’évaluation des risques climatiques dans le secteur financier et assurantiel français. Il a pour objectif l’enrichissement des connaissances sur le risque climatique afin d’en améliorer la maîtrise par les établissements bancaires, financiers et les organismes d’assurance. Les résultats devront être livrés en décembre 2020.

Par cette initiative compatible avec les Accords de Paris de 2016, l’ACPR démontre sa volonté d’accompagner les institutions financières et les organismes d’assurance dans la nécessaire transition vers une économie équilibrée et soutenable. Elle pose un cadre méthodologique et propose des hypothèses pour guider les opérateurs à identifier les impacts sur leurs actifs et leurs passifs et effectuer des premières mesures financières.

Pour ce faire, le régulateur souhaite en premier lieu sensibiliser les acteurs financiers et assurantiels et notamment  :

  • à leur vulnérabilité face au risque climatique ;
  • au coût du non-respect des accord de Paris.

Il souhaite ainsi favoriser l’intégration du risque climatique dans la gestion courante des risques par les établissements précités et permettre l’acquisition de connaissances suffisantes à la mise en place de nouveaux outils d’évaluations adéquats. L’exercice est également précurseur de la mise en place de stress test afférent au risque climatique par l’EIOPA à compter de l’année 2021. Dans les années à venir, il est fort à parier que de nouvelles exigences réglementaires verront le jour sur le sujet et que les opérateurs se seront davantage emparés du sujet dans le cadre de leurs travaux internes d’analyse des risques.

Quelques informations pratiques sur le déroulement de l’exercice pilote :

Le document mis en ligne par l’ACPR identifie deux catégories de risques à modéliser : le risque physique et le risque de transition. Le risque physique concerne l’impact direct du changement climatique sur les personnes et les biens, il recouvre tant les risques chroniques que les risques d’occurrences. Le risque de transition concerne les modifications comportementales des agents économiques et financiers en réponse à la mise en place de politiques énergétiques. Selon une étude ACPR, 10 % des actifs des portefeuilles seraient sensible à ce dernier risque.

Pour étudier le risque de transition, 3 scénarii ont été arrêtés :

  • Le scénario de référence dit de « transition ordonnée » correspondant à la stratégie nationale de bas Carbone et vise à la réduction des risques de transition.
  • Un scénario intermédiaire de « transition retardée » (variante 1) caractérisé par une réaction tardive et la mise en place de mesures volontaristes fortes à compter de 2030.
  • Enfin, un scénario de « transition accélérée » (variante 2) caractérisé par une transition rapide et brutale avec la révision du prix du carbone et un choc de productivité.

Ces scénarii devront être projetés à horizon 2050 avec 3 échéances intermédiaires (2025, 2035, 2040).

Sur base du volontariat, cet exercice constitue une opportunité d’aborder des nouvelles problématiques pour les entreprises d’assurances participantes, et en particulier :

  • Renforcer leur gouvernance ;
  • Améliorer leur maitrise des risques et des modèles ;
  • Adapter les modèles de projection ;
  • Saisir une opportunité de communication.

Actualité des normes

1. Directive Solvabilité 2 : Synthèse de la revue 2020 

À la suite d’une revue en 2018, les travaux de la revue 2020 de la directive Solvabilité 2 ont été initiés en juillet 2019. À ce jour 2 consultations ont été menées et une collecte de données complémentaires a été organisée afin d’intégrer les effets de la pandémie dans l’étude d’impact de la revue de la directive. L’avis de l’EIOPA initialement attendu pour juin 2020 devrait finalement être rendu public en décembre prochain.

L’objectif de cette revue est, pour l’EIOPA, d’ajuster les exigences de la directive Solvabilité 2 afin de les rendre plus adaptés à la réalité économique, notamment en intégrant la prise en compte des spreads négatifs.

Ainsi, parmi les points à l’étude on retrouve notamment : l’extrapolation de la courbe des taux, le calibrage du choc de taux, le calcul de la correction de la volatilité, des évolutions sur le reporting, ou encore une possible revue des seuils du champs d’application de la norme.

Les évolutions proposées dans la consultation de 2019 apportent globalement plus de contraintes, mais certaines pourraient toute de même permettre une amélioration de la solvabilité ou une simplification des calculs. L’avis de l’EIOPA est très attendu et permettra d’avoir une idée plus précise de la nature des modifications qui seront apportées à la directive.

2. IFRS 17

IFRS 17 est une norme comptable internationale régissant la comptabilisation des contrats d’assurance, elle remplace la norme IFRS 4. Publiée en 2017, elle devait initialement entrer en vigueur dès 2022 mais cette date a été reportée au 1er janvier 2023 du fait de la complexité de sa mise en place.

Les enjeux de cette norme sont multiples d’une part pour les marchés financiers mais également pour les assureurs. Pour les marchés, IFRS 17 vise à apporter une plus grande transparence des communications financières permettant l’amélioration de la confiance des investisseurs mais également une meilleure compréhension du secteur de l’assurance. Pour les assureurs, la norme améliore la comparabilité avec la concurrence, permet un pilotage plus fin et apporte une meilleure cohérence dans un environnement multinorme et transversal.

Très décriée, plusieurs amendements ont été apportés à la norme et une nouvelle version définitive a été arrêtée au 30 juin dernier. Ces amendements répondent à 3 enjeux :

  • La réduction des coûts
  • L’amélioration de la mise en forme pour faciliter la compréhension des résultats
  • La simplification de la mesure transitoire (exemption d’application d’IFRS 9 prolongée)

Cette version doit encore être adoptée par les autorités normatives européennes avant son entrée en vigueur en 2023. D’ici là, de nombreux travaux techniques sont à envisager, sur les courbes de taux notamment, à l’image des travaux en cours dans la révision Solvabilité 2.

 Actualité de l’assurance de Personnes

  1. Santé

L’année 2020 était annoncée comme riche en actualité règlementaire pour le secteur de l’assurance en santé.

En premier lieu, l’entrée en vigueur de la réforme du 100% Santé devait permettre, via la mise en place d’un suivi spécifique, de mesurer l’impact réel sur la sinistralité de ces nouvelles dispositions et in fine conforter et/ou ajuster les hypothèses et modèles retenus a priori dans les projections. Cependant, la période de confinement et ses conséquences sur la consommation de soins ont limité les observations et de fortes incertitudes persistent à ce jour sur les effets de la réforme.

Par ailleurs, les nouvelles obligations de communication sur les contrats santé sont entrées en vigueur le 1er octobre 2020 : au-delà des frais, les assureurs doivent désormais informer sur le « ratio de redistribution » (rapport Sinistres à Primes). L’obligation s’applique également en phase de souscription des contrats. Afin de maintenir la compétitivité de leurs contrats, les assureurs doivent ainsi réussir à concilier optimisation des frais (dans un contexte où les réformes réglementaires nécessitent notamment de lourdes adaptations des systèmes de gestion) et développement de nouveaux services (facteur souvent discriminant dans un univers très concurrentiel). Des études spécifiques sont ainsi à engager afin d’identifier les leviers de maitrise des frais et d’identifier précisément / prioriser les services à développer (études des facteurs discriminants de souscription via des méthodes de data science, prévention, analyse des problématiques spécifiques de certaines populations…).

Concernant les effets de la crise sanitaire, une baisse significative des prestations, de l’ordre de 20 à 25 %, a été enregistrée sur le premier semestre 2020. Ce contexte sans précédent génère des incertitudes et des difficultés que les assureurs devront traiter lors de l’arrêté des comptes :

  • Provisionnement : les cadences 2020 sont fortement perturbées par la crise sanitaire (confinement, retards de facturation des hôpitaux, etc…). Quelles solutions ? S’appuyer sur la sinistralité des années antérieures, ajustées des observations spécifiques 2020… et trouver l’équilibre entre prudence et fiscalité.
  • Politique de redressement : beaucoup d’incertitudes sur les conséquences de la crise sur les comptes 2020 notamment sur le niveau et le rythme du rattrapage des remboursements suite à la baisse de consommation pendant le 1er confinement. Les modalités d’application de la « taxe Covid » restent également à préciser même si la pratique de place s’oriente à ce stade vers une imputation dans les charges. La hausse du coût de la portabilité ne fait aucun doute mais le niveau reste estimatif : quelle hausse des taux de chômage ? combien de défaillances d’entreprises ?  Quelles pratiques ? Le politiques de redressement ont été relativement volontaristes en collective mais la situation économique des souscripteurs rend difficile leur application. Une segmentation fine des portefeuilles pour mesurer plus précisément les impacts de l’activité partielle (baisse des ressources) et de la crise (hausse de la sinistralité) sera nécessaire, a minima par taille d’entreprise et secteur d’activité.
  • Politique de souscription : les politiques doivent être ajustées au contexte particulier qui pourrait durer dans les prochains mois, notamment s’agissant des possibles dérogations de de leur suivi. Dans ce cadre un arbitrage délicat doit être opéré entre dérogations et maitrise du risque d’une part et difficultés commerciales / plan de développement d’autre part.
  • Frais : comme évoqué précédemment, l’obligation d’affichage, et les problématiques actuelles de rentabilité, nécessitent la définition de stratégies d’optimisation (rationalisation / revue des modèles / optimisation vs offre de services).
  • Indicateurs de pilotage : les récentes évolutions réglementaires et la crise sanitaire remettent en cause les indicateurs de suivi usuels et leur fréquence. Quelles solutions ? La refonte des indicateurs de pilotage et la mise en place de suivi dynamique type dashboards.

2. Prévoyance

Concernant la prévoyance, on constate globalement une dégradation de la rentabilité depuis plusieurs années, dégradation accentuée et accélérée par le contexte de taux bas, d’accroissement de l’absentéisme mais également par la pression concurrentielle sur les prix. La crise sanitaire et économique aggrave ces difficultés avec des incertitudes sur le niveau des cotisations recouvrées, le surcout attendu de la portabilité et l’aggravation avérée ou anticipée des risques couverts (décès sur certains segments de population, nouveaux arrêts de travail dérogatoires, stress des cadres, aggravation des pathologies liées à l’absence de suivi médical pendant le confinement etc…).

Par ailleurs, cet été, une jurisprudence est venue contredire les pratiques de marché concernant les conséquences des résiliations sur les contrats collectifs : d’après l’arrêt de la Cour de cassation du 16 juillet 2020, les engagements de revalorisation doivent être maintenus post résiliation. Des études spécifiques doivent être menées sur les portefeuilles afin de mesurer les conséquences potentielles de cette décision : existence d’engagements, nécessité de provisionnement, mise en place de fonds de revalorisations…

Tous ces éléments génèrent, comme pour la santé, des difficultés et des incertitudes quant à cette fin d’année 2020 :

  • Provisionnement : au-delà des éventuels engagements de revalorisation à provisionner (cf. supra), les retards de gestion et le surcout anticipé de la portabilité devront être pris en compte, ainsi que les conséquences de la poursuite de la baisse des taux techniques (même si des dispositions devraient être prises pour éviter l’utilisation de taux négatifs). Le conseil ? L’utilisation de la DSN pourrait permettre un gain en efficacité et l’affinement des processus.
  • Politique de redressement : Les organismes ont dû composer avec les différents enjeux antagoniques : Redressement de la sinistralité d’une part et conservation du portefeuille/capacité économique des souscripteurs d’autre part. Le conseil ? Un bilan détaillé de la campagne de redressement et la prise en compte de ses conséquences lors de l’arrêté des comptes et dans les projections budgétaires. Au-delà, une révision de la segmentation du portefeuille peut s’avérer utile pour un meilleur pilotage. Enfin, le développement de process d’exploitation de la DSN à mettre en œuvre pour permettre d’anticiper les dérives intrinsèques (notamment le suivi de la déformation des populations sous risque, généralement mal anticipé, et l’adaptation des méthodes de provisionnement).
  • Politique de souscription : il faudra arbitrer entre attractivité/compétitivité des offres et le niveau de maîtrise du risque. Les politiques de souscription doivent être adaptées en lien avec la stratégie de développement. Le conseil ? mesurer les marges de manœuvre financières et les impacts sur la couverture des exigences de solvabilité

3. Dépendance

La nécessité de la prise en charge de la perte d’autonomie est un sujet ayant généré de nombreuses contributions et notamment plusieurs rapport gouvernementaux (rapport Libault, rapport El Khomri sur les métiers du grand-âge). La crise ayant révélé au grand jour et à tous les besoins de prise en charge des personnes âgées, on assiste à une accélération de la prise en main du sujet par les pouvoirs publics avec une forte volonté d’apporter des solutions. La loi du 7 août 2020 relative à la dette sociale et à l’autonomie valide ainsi la création d’un nouveau risque et d’une nouvelle branche de Sécurité sociale relative à l’autonomie et commande un rapport pour leur mise en place.

Le rapport Vachey remis au Parlement le 14 septembre 2020 propose des sources de financement pour la future branche (augmentations de prélèvements obligatoires, instauration d’une 2nde journée de solidarité, réduction de niches sociales et fiscales) et réfléchit sur la place de l’assurance complémentaire sur ce marché en voie d’expansion. Après avoir écarté la mise en œuvre de dispositif d’assurance complémentaire obligatoire, plusieurs actions sont proposées : incitations fiscales à la souscription de contrats « labellisés », développement de garanties à destination des aidants, garanties adaptation de logement dans les contrats d’habitation, incitations fiscales pour le déblocage en rente des sommes épargnées en assurance-vie au moment de l’entrée en dépendance.

Les règles de gouvernance, les moyens et le fonctionnement général de cette future 5ème branche sont actuellement discutés dans le cadre du PLFSS pour 2021. Cependant, les aspects plus pratiques sur le niveau de prise en charge par la Sécurité sociale et autres mesures feront l’objet d’un texte distinct : la Loi Grand âge et autonomie.

Dans ce contexte, des initiatives pourraient être prises par les organismes assureurs pour proposer des solutions innovantes pour couvrir la perte d’autonomie mais également accompagner les salariés aidants.

4. Assurance vie

La situation économique du secteur de l’assurance vie est en berne avec une baisse régulière des taux d’intérêts depuis 2008, devenus même négatifs pour la première fois au cours du dernier trimestre 2019. Pendant la crise sanitaire, la situation ne s’est pas améliorée, les taux sont restés faiblement positifs et ont même atteint des niveaux négatifs pendant plusieurs mois. Ce contexte impacte fortement la santé économique des organismes assureurs, que cela soit par une baisse du ratio moyen de solvabilité passant à 214 % à fin septembre 2019 contre 240 % en décembre 2018 mais également par une dégradation de la rentabilité résultant notamment des moindres rendements des réinvestissements obligataires. En termes de cotisations, on assiste à une situation de décollecte nette pour le 1er semestre 2020 ainsi que pour l’ensemble du début du 2nd semestre du fait de moindres versements (source FFA). De plus, bien que la proportion d’investissement en UC dans les cotisations ait augmenté pour atteindre 35 % en moyenne sur cette année 2020, ces montants en « valeur absolue » sont inférieurs ou égaux à ceux de 2019.

En réponse à cette perte continue de rendement des fonds en euros, les assureurs et le législateur mènent des actions pour faire évoluer leurs produits afin de proposer de nouvelles garanties d’épargne. L’objectif est d’apporter des solutions pour concilier les enjeux autrefois couverts par le fonds euros : rendement et sécurité. De plus, en parallèle fin 2019, une solution réglementaire a également été mise en place afin d’assurer le niveau de fonds propres des structures d’assurance.

  • La création de nouveaux produits

La volonté de certains assureurs d’augmenter la part investie sur des supports UC peut se traduire par diverses mesures incitatives ou contraignantes: part minimale d’investissements sur des supports UC pour accéder aux fonds euros, part minimale d’investissements sur des supports UC pour bénéficier de rendements boostés ou encore une baisse des taux de chargement sur les UC. Des contraintes de liquidité peuvent également être ajoutées aux fonds euros (exemple récent : des rendements bloqués pendant les 5 premières années, perdus en cas de rachat et boostés après 5 ans).

D’autres fonds euros ont également fait évoluer leur garantie en capital, en l’exprimant « brute de frais » pour que cette dernière soit inférieure à 100 % nette de frais (exemple : une garantie à 100 % brute de frais et des chargements à 2 %). Ce type d’évolution offre ainsi une plus grande liberté en termes de solvabilité et permet donc une allocation d’actifs offrant de meilleures perspectives de rendements.

Le fonds euro-croissance qui existe depuis 2014 a récemment été modifié par le Loi PACTE afin d’en assouplir les règles de pilotage technique et le rendre plus compréhensible. Ce produit apporte une garantie d’une fraction de l’épargne investie à un terme défini contractuellement. Ce type de support permet également une prise de risque plus importante en termes d’allocation d’actifs

Enfin, de nouveaux contrats en UC accompagnés de garanties financières pour sécuriser les sommes investies sont également proposés sur le marché.

  • La réponse réglementaire

Dans ce contexte financier dégradé, un arrêté a été publié fin décembre 2019. Il permet aux entreprises d’assurance depuis 2019 d‘intégrer une partie de la provision pour participation aux bénéfices dans les fonds propres en cas de difficultés financières et sur autorisation préalable de l’ACPR. Cette disposition peut être prise en compte dans les projections de solvabilité et il en résulte une amélioration du ratio de couverture. Cette disposition a été élargie aux mutuelles et aux institutions de prévoyance en 2020.

A fin 2019, la proportion de provision pour participation aux bénéfices pouvant être reprise pouvait être fixée par défaut à 70 % de sa valeur comptabilisée. Cette dernière devra obligatoirement être calculée en valeur économique à compter de 2020, avec une possibilité de retenir une méthode évoquée par l’ACPR dans une notice.  Cette règle est également intégrée pour la première fois dans les projections ORSA avec des effets potentiellement inattendus et un impact possible sur les « management actions ».

Enfin, la propriété des assurés sur cette provision n’est pas remise en cause en raison d’une obligation de restitution au terme d’un délai de 8 ans.

Actualité de l’assurance IARD

Covid-19 : principaux impacts et tarification 2021

La crise sanitaire et économique a généré une baisse de la sinistralité en assurance automobile et MRH due au confinement, en partie compensée par une baisse des primes résultant notamment d’une hausse des impayés et, en assurance automobile, de gestes commerciaux exceptionnels accordés par les assureurs aux assurés (reports et annulation de cotisations, etc.). Le provisionnement des risques d’avèrera délicat, du fait de cadences de règlements atypiques cette année.

En termes de tarification, le marché de l’assurance automobile tablerait sur une hausse des tarifs comprise entre 1,5% à 2 % en moyenne, quand le marché de l’assurance MRH tablerait sur une hausse moyenne comprise entre 2% et 2,5%. Toutefois, certains acteurs envisagent un gel des tarifs 2021 en automobile ce qui tendrait à diminuer la revalorisation sur ce segment, à l’inverse de certains groupes qui visent une mutualisation des coûts des pertes d’exploitation via une hausse de +0,5% supplémentaire des cotisations MRH.

La crise économique a placé les couvertures contre les pertes d’exploitation sous le feu des projecteurs révélant ainsi leurs insuffisances en cas d’épidémie. En effet, la plupart des offres existantes sur le marché citent ce type d’évènement comme cause d’exclusion de garanties, exception faite des couvertures les plus onéreuses. L’État et les acteurs de l’assurance se sont saisis du sujet et travaillent aujourd’hui à une grande restructuration du marché. À court-terme, les tarifs devraient être revus à la hausse pour 2021 et la rédaction des contrats clarifiée.

Un fort besoin de reporting

Dans ce contexte de grande incertitude, les acteurs de l’assurance ont dû renforcer et rendre plus réactifs leurs outils de suivi de l’activité et d’aide à la prise de décision dans le cadre de la mise en œuvre des plans de continuité. GALEA & Associés propose un outil doté de multiples interfaces de reporting couvrant de nombreuses thématiques (financier, technique, zonier, etc.). L’objectif est d’avoir une vision à la fois globale et synthétique de la situation, permettant ainsi une prise de décision efficace et adaptée.

Valeur client : un enjeu stratégique

L’accroissement de la concurrence en assurance non-vie conduit à réfléchir à une stratégie de « valeur client » permettant d’améliorer la rentabilité d’un client ou d’un portefeuille, et ainsi de pérenniser les business-model. La mise en place d’un indicateur de « valeur client » s’accompagne d’une étude fine des profils et des comportements clients (notamment via des outils de Machine Learning) afin d’améliorer la pertinence de la tarification, des actions commerciales et de la surveillance du portefeuille par exemple.

Actualité de la retraite

Loi PACTE

Les nouveaux Plans d’Épargne Retraite (PER) créés par la Loi Pacte sont commercialisables depuis le 1er octobre 2019. Répondant à un fort besoin de lisibilité et de compréhension du fonctionnement des produits de retraite supplémentaire, cette nouvelle réglementation harmonise le fonctionnement des différentes offres existantes (collectifs : article 83 et PERCO, individuels : Madelin et PERP). Ainsi les nouveaux PER ont connu un certain succès avant la crise du covid-19 couvrant, à fin juin 2020, 310 000 assurés dont 210 000 pour la version individuelle appelée « PERin » (premiers PER proposés car plus facile à mettre en place). Il faut cependant relever que bon nombre de ces souscriptions représentent en fait un transfert des épargnes existantes sur les anciens produits.

L’appropriation de cette réforme a nécessité d’importants travaux préalables à la commercialisation des nouveaux produits : marketing (définition des produits, des garanties, des outils et services tels que le bilan de retraite), techniques (revue des grilles de gestion pilotée, étude de la performance des fonds), informatiques (évolutions des systèmes de gestion etc…).

L’harmonisation du fonctionnement des produits de retraite supplémentaire s’est naturellement accompagnée de la fin de la commercialisation, avec un compte-à-rebours d’une année, des anciens produits, qui ne peuvent plus, depuis le 1er octobre 2020, accueillir ni nouvelles souscriptions, ni transferts entrants, (à l’exception des nouveaux salariés pour les produits collectifs mis en place).

Du côté des produits de retraite à prestations définies, la suppression du caractère aléatoire est entrée en vigueur depuis le 1er janvier 2020. Trois circulaires de l’administration ont été programmées pour préciser les contours de cette réforme. La première d’entre elles, adoptée le 27 juillet 2020 par la direction de la sécurité sociale, est venue préciser les modalités de cristallisation des régimes à droits aléatoires. Une seconde est attendue d’ici la fin de l’année, qui concerne le fonctionnement technique du nouveau régime à droits certains : la nature des droits acquis fait en effet encore débat, dans un contexte économique où les opérateurs ne souhaitent pas prendre d’engagement viager à très long terme. Enfin, une dernière circulaire traitant des conditions de transfert entre ancien et nouveau régime devrait aussi paraître dans les prochains mois.

FRPS

Concernant la structure, encore récente, des fonds de retraite professionnelle supplémentaire (FRPS), on observe un regain d’intérêt de la part d’importants acteurs du marché de la retraite supplémentaire. En 2 ans, ce sont 6 organismes qui ont obtenu l’agrément pour la création d’une structure dédiée à la retraite professionnelle supplémentaire. D’autres sont en cours de réflexion et/ou devraient également se lancer dans cette entreprise prochainement.

L’attrait pour ce dispositif s’explique par sa meilleure adaptation aux produits de long-terme tels que la retraite supplémentaire dans le contexte économique de taux bas que nous connaissons. En effet, les règles quantitatives applicables aux FRPS sont semblables à celles de la directive Solvabilité 1, complétées par une obligation de réaliser des tests de résistance sur un horizon de 10 ans. Les règles prudentielles qualitatives sont quant à elles très proches de la directive Solvabilité 2 avec notamment la notion des 4 fonctions clés (actuariat, conformité, gestion des risques, audit interne), le respect du processus ORSA, l’établissements des reportings narratifs, des reportings de l’ACPR et de l’EIOPA ou encore l’obligation de rédaction de politiques écrites au moins concernant les fonctions clés de la gestion des risques et de l’audit interne et, le cas échéant, la politique d’externalisation.

La caractère hybride de la réglementation prudentielle applicable aux structures FRPS est finalement plus adaptée au risque de long-terme que constitue la retraite dans un contexte financier contraint.

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