La crise des opioïdes, un nouveau risque à surveiller pour les assureurs ?

« Les opioïdes », un terme plutôt méconnu du grand public mais qui revient souvent depuis quelques temps dans les médias.

Pour cause, on parle de produits analgésiques (anti-douleurs) dont la consommation aurait tendance à se banaliser, au point de glisser vers un contexte de dépendance sévère, avec un risque de surdose et de décès !

Aux Etats-Unis, l’état de crise concernant leur consommation est déclaré depuis 2017. Il s’agit d’un phénomène international par excellence, qui n’est pas traité de manière homogène dans tous les pays.

Pour les assureurs, cela relève concrètement d’un « évènement » qui promet d’avoir autant d’impact que l’amiante, voire plus !

Le combat se situera sur plusieurs fronts. Pour ne citer que certains :

Les 2 activités d’assurance :

  • vie : les overdose sont la première cause de décès accidentels aux US, avec environ 70 000 décès en 2017 par exemple et plus de 700 000 entre 1999 et 2017 [1], les opioïdes sont à l’origine d’environ 68% de ces overdose. Selon un rapport de février 2019 de l’ANSM (Agence Nationale de la Sécurité du médicament), « en dix ans, le nombre annuel d’intoxications par opioïdes a doublé. Au total, 2 762 accidents de ce type ont été signalés entre 2005 et 2016. Quant au nombre de décès, il a connu un bond de 146 % entre 2000 et 2015 », il est précisé que ces chiffres ne sont pas exhaustifs et montre bien la tendance et l’évolution de ce phénomène. 
  •  non-vie : incapacité de travail, frais de santé, frais juridiques, etc.

Provisionnement : des branches les plus courtes (santé) aux branches à déroulement particulièrement long (Responsabilité civile engagée des laboratoires pharmaceutiques et médecins).

Les paramètres de provisionnement de cette crise s’appuient à ce stade principalement sur des jugements d’experts à base de scénarios.

Souscription : on découvre via cette crise un nouveau « silent cover », à l’instar du risque cyber, il y a quelques années. Les premières actions de remédiation sont la mise en place de restrictions sur certains souscripteurs concernés par cette crise à l’échelle internationale, ou encore une nouvelle tarification qui tient compte de ce risque jusque-là non tarifé, au sens propre du terme.

Heureusement, les assureurs peuvent avoir recours à des outils déjà existant qui retrouvent leur utilité stratégique dans ce contexte : comme l’ORSA et la gouvernance avec ses comités, et l’organisation autour des rôles et responsabilités complémentaires.

Pour résumer, un système de gestion par les risques permettra de faire face à un phénomène qui s’annonce d’envergure.


[1] Source : https://www.cdc.gov/drugoverdose/

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