La durée plutôt que l’âge : la surprise de Biarritz !

Il est tout à fait étonnant, que le Président de la République ait hier soir, en rendant compte de l’état des affaires du monde (bilan du G7), pris un instant pour s’inviter dans le débat sur la réforme des retraites, avant même les concertations à venir.

Souhaitant déminer la question très sensible de l’âge d’équilibre, le Président s’est clairement prononcé pour une réforme portant non sur l’âge, mais se référant plutôt à une durée de cotisation.

Cette évolution très considérable du discours présidentiel, donne  un signe sur le fait  qu’avant même les concertations qui vont intervenir avec les partenaires sociaux mais également avec les citoyens, les «  préconisations » très précises du Haut-Commissaire à la réforme des retraites, ne constituent  pas, des éléments gravés dans le marbre.

Sur un plan plus technique, introduire une notion de durée dans un régime en points n’est pas une évidence.
Les puristes d’un tel système considèrent que le point fort d’un tel dispositif est sa simplicité qui peut s’exonérer de toute référence à des notions de durée, voire d’âge.

Certains diront que réintroduire une notion de durée de cotisation revient de fait à reconduire, peu ou prou, la réglementation en vigueur dans le cadre du régime général.

Rappelons que la retraite complémentaire Agirc-Arrco ne comporte pas « en natif » de référence à la notion de durée : elle ne trouve sa place dans le régime que « par ricochet », dans le cadre de la référence au régime de base pour les départs avant 67 ans.

Il reste que ce débat âge / durée a une portée politique lourde : la CFDT s’est de tout temps prononcée pour une référence à la durée, plus représentative selon elle de l’effort contributif de la personne et du déroulement de sa carrière (cf. carrière longues). Pour FO en revanche la durée peut être un moyen de différer le moment de la prise de retraite et ne s’écarte à ce titre pas de la notion d’âge.

Ce revirement, pourrait en pratique conduire à accélérer le calendrier de montée en charge des annuités requises (41,5 ans actuellement) à 43 ans dès la date d’entrée en vigueur de la réforme prévue au 1 er janvier 2025.

Au-delà des considérations politiques et techniques, cette évolution des conditions de prise de retraite, qui conduit de fait à « durcir » ces dernières, s’inscrit dans le postulat présenté par le Président de la République, d’avoir un régime à l’équilibre au moment de sa mise en place.

La prudence est donc de mise pour les prochaines semaines.

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